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Éditorial Médias

Plus on voit cette caricature, plus elle se révèle abjecte

Plantu nous a habitués à des crasses contre tout ce qu’il reste de défenseurs de la classe ouvrière dans notre pays, notamment en déversant sa haine vis-a-vis de la CGT, mais je ne m’y ferai jamais : être caricaturiste de presse et aussi réactionnaire – l’un ne préserve pas de l’autre bien sûr mais ça me semble toujours désolant.

Une petite étude de document pour y voir plus clair.

Plantu met une initiative préparée, planifiée, calibrée par des (ex-) gradés de l’extrême-droite, une tribune factieuse qui appelle à la préparation d’une guerre civile, sur le même plan que le coup de sang de Jean-Luc Mélenchon, qui à chaud s’énervait de l’impossibilité pour lui de se rendre dans son propre local pendant une perquisition (une méthode policière pas très légale au passage).

Allons plus loin dans l’analyse de ce dessin de presse : Qui a l’air le plus sympathique dans l’histoire ? Le militaire d’extrême-droite qui crie être la République, la main sur le cœur et le drapeau tricolore sur le bras, ou Jean-Luc Mélenchon les yeux révulsés, habits et cheveux blancs, et qui grimace bien plus que le haut-gradé d’extrême-droite ?

J’ai conscience que réagir à un dessin de presse de droite qui réagit à une réaction de gauche à une tribune d’extrême-droite, il y a un petit côté “Inception” sauce pré-fasciste.

Mais s’arrêter de temps en temps sur ce que nous voyons, pour en dérouler le fil sémantique du message de fond derrière les traits apparents, c’est un exercice qu’il est très important de savoir faire.

Il est évident que c’est le militaire qui l’emporte, question sympathie, sur un Mélenchon vieux et monochrome, sous la plume de Plantu.

D’ailleurs, “Je suis la République” venant d’un militaire apparaît bien plus acceptable et louable que “La République, c’est moi”, chacun connaissant cette réplique sempiternellement ressortie pour discréditer le président du groupe France Insoumise à l’Assemblée nationale.

Celles et ceux qui ont lu jusqu’ici sauront qu’il ne s’agit nullement d’apporter un soutien à Jean-Luc Mélenchon ni de l’excuser de son coup de sang – ce n’est tout simplement pas le sujet.

Le sujet, ce sont les messages véhiculés par un caricaturiste qui a pignon sur rue, très longtemps en “Une” du journal français de “référence” Le Monde, et pour qui à peu près tout le monde médiatique (bourgeois) a de l’admiration.

Il est toujours utile de chercher et découvrir le sens sous-jacent dans les dessins d’actualité. Bien sûr Plantu n’est pas le seul à tenir pareilles positions, mais il est à n’en pas douter une figure de proue de la diabolisation du camp du progrès social.

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