À propos de ceux qui se murent

Ils ne pensent aux Smicards français que lorsque des étrangers perçoivent des aides sociales.

Ils ne pensent aux chômeurs français que lorsque des étrangers travaillent.

Ils ne pensent aux sans-abris français que lorsque des étrangers veulent rejoindre la France.

Ils ne conçoivent jamais la bourgeoisie française comme force motrice de l’exploitation, la division et l’exclusion – ce qu’elle est pourtant.

Ils ne remarquent jamais que la France compte six logements vides pour chaque SDF.

Ils ne ressentent jamais les parcours du combattant qu’il aura fallu endurer pour fuir la misère, les catastrophes écologiques ou la guerre.

Ils n’entendent jamais qu’il n’y a nul pays sous-développé, mais uniquement des nations surexploitées laissant les mains libres à la corruption et à l’obscurantisme.

Ils ne voient jamais, parce qu’ils détournent le regard, ces milliers d’êtres humains pour toujours piégés au fond de la Méditerranée depuis leur quête d’émancipation et de paix.

Ils ne pensent jamais que le travail et ses fruits partagés permettraient d’accueillir dignement ; ni que la dignité de leur nation se jugera à l’aune de son accueil.

Ils n’ont pas le souvenir que le nationalisme, bras armé du capital, n’a jamais permis aucun progrès humain – mais qu’il a par contre et de tous temps envoyé des générations de jeunes gens à la mort, croyant tomber pour la patrie, fauchées pour quelque impérialisme.

Tout cela, ils le balaient d’un revers de main, y voient un moralisme suranné, ils en rient d’un rire gras que seule une société en déliquescence érige au rang d’opinion.

Ils crient plus fort ; nous sommes plus nombreux.

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