Vaccination, pass sanitaire : Depuis quand l’État se soucie-t-il de notre santé ?

Avec la vaccination obligatoire et le pass sanitaire mis en place à l’entrée de nombreux lieux publics, le président de la République française, Emmanuel Macron, affirme agir pour notre santé : mais depuis quand se soucie-t-il de la bonne forme de “ceux qui ne sont rien“, selon ses propres mots ?

L’espérance de vie en bonne santé d’un ouvrier en France est de 59 ans et M. Macron cherche à imposer un report de l’âge de départ à la retraite, annoncé lors de la même allocution du lundi 12 juillet, aux accents de début de campagne présidentielle à neuf mois de l’échéance du scrutin.

Ruptures de sens et de confiance

Il y a rupture de sens entre le souci exprimé par le chef de l’État de la santé de ses concitoyens, et la brutalité des mesures prises en catimini, en plein cœur de l’été, et dont l’annonce est noyée dans un discours fleuve de 26 minutes tournant essentiellement autour de l’épidémie de Covid-19.

La confiance est rompue et consumée depuis longtemps entre Monsieur Macron et les classes exploitées de notre pays. Il n’inspire pas confiance, à juste titre, et crée toujours davantage de défiance à son égard comme à l’encontre de tout ce qu’il entend promouvoir.

Se soumettre à Big Pharma en se faisant vacciner ?

L’effet est dramatique : quand le toxique Monsieur Macron s’approche d’un thème ou s’arroge une thèse, il en réduit, voire détruit, la confiance populaire vis-à-vis du dispositif concerné.

Or, il s’agit ici, avec la vaccination pour se prémunir autant que faire se peut du Coronavirus et (surtout) des formes sévères de la maladie qu’il induit, du meilleur moyen de combattre l’épidémie. En juin 2021, aux États-Unis, 99,2% des personnes décédées du Covid-19 n’étaient pas vaccinées.

Ce n’est donc se soumettre, ni à Macron, ni à Big Pharma de se faire vacciner ; à ce propos, les laboratoires pharmaceutiques ont d’ailleurs davantage intérêt à commercialiser un traitement pour soigner les patients atteints d’une maladie, en l’occurrence le Covid-19, plutôt qu’à vendre un vaccin, largement moins onéreux, pour se prémunir de cette même maladie.

Mais Monsieur Macron entend bien soumettre les travailleurs de France à l’obligation vaccinale et au pass sanitaire, afin que la victoire de l’humanité dans la “guerre” contre l’épidémie soit comptabilisée comme son succès propre, personnel et exclusif.

Pertes de mémoire

En ce sens, l’obligation vaccinale est, d’un point de vue scientifique, absolument contre-productive. Elle donne du grain à moudre aux obscurantismes et aux complotismes, dont les adeptes de tous poils n’hésitent pas à atteindre le point Godwin en arborant, sur les réseaux sociaux, des étoiles jaunes floquées “non-vacciné“.

Si la mémoire vivante du fascisme et de la guerre s’éteint, force est néanmoins de constater que le vaccin est un passeport pour la vie, là où les insignes imposées aux Juifs par le IIIème Reich et Vichy n’étaient qu’un passeport pour la mort.

Convaincre ou brandir la matraque

Cela dit, la suspension du contrat de travail d’un salarié refusant la vaccination, comme le fait de rendre les tests PCR payant dès le début de l’automne prochain, sont des mesures qui frapperont durement les classes exploitées tout en étant parfaitement indolores pour la bourgeoisie capitaliste.

Pour parvenir à l’immunité collective via les vaccins, dont on peut mesurer l’absence de dangerosité après des centaines de millions de femmes et d’hommes de tous âges ayant reçu les injections ces derniers mois, il faut convaincre à partir d’arguments rationnels et faire adhérer progressivement à ce qui est un progrès humain.

De cela, Macron et ses médiocres conseillers sont bien incapables, eux qui ne savent que persuader par l’émotion et la corde sensible ou brandir la matraque des sanctions.

Pass sanitaire, des heurts en prévision

Quant à lui, le passeport sanitaire est tout bonnement ingérable, en raison d’une question simple : qui va supporter la gigantesque charge de travail induite par la mise en place des contrôles à l’entrée des centres commerciaux en particulier, et des lieux de vie en commun où il sera exigé en général ?

Les fonctionnaires de police, dont les heures supplémentaires ne sont toujours pas payées ? Des agents de sécurité privée embauchés par les structures recevant du public ? Des employés sans formation spécifique à ce type de contrôles ?

Cette question reste sans réponse alors que la date de la mise en place du pass sanitaire approche à grande vitesse. Elle est pourtant cruciale car il s’agit d’une exposition de travailleurs en poste à la colère des clients ou visiteurs, dans une relation de plus en plus tendue qui verra très probablement des heurts en grand nombre, qui eux-mêmes feront les choux gras des médias d’information immédiate et sans recul.

Le travail doit payer

L’obligation vaccinale et le pass sanitaire concentrent l’essentiel des débats, depuis les plateaux médiatiques jusque dans chaque strate et chaque cercle social de la société. Ce n’est pourtant pas la seule annonce de l’allocution de Monsieur Macron qu’il faut considérer dans son ensemble, car les injonctions auxquelles il entend nous soumettre dépassent le simple cadre de l’épidémie de Covid-19.

Quand le président de la République dit qu’il veut que le travail paye mieux que le chômage, entend-il augmenter les salaires, notamment de ceux qui étaient et demeurent “en première ligne” dans la crise sanitaire ?

Absolument pas : au contraire, il veut baisser les salaires bruts en diminuant les cotisations qui pourtant financent la Sécurité sociale, ce joyau dont chacun peut mesurer la valeur aujourd’hui, mais tant abîmée par l’épidémie et surtout par les politiques ultra-libérales incarnées par l’actuel chef de l’État.

La misère assassine

Pour que le travail paye “mieux” que le chômage, l’allocation de retour à l’emploi (ARE) sera baissée pour des millions de privés d’emploi, dès le 1er octobre prochain, avec l’application de la réforme inique de l’Assurance chômage contre l’avis du Conseil d’État.

Celle-ci sera un massacre social, faisant glisser des millions de ménages de la pauvreté vers le dénuement total, et l’on a tendance à oublier qu’au-delà des maladies et des saisons, c’est surtout la misère qui tue.

Autre grande mesure annoncée avec la plus grande rapidité que permet l’exercice d’une allocution présidentielle, la réforme des retraites.

En plus de tout ce qui avait provoqué un mécontentement massif de la population fin 2019, début 2020, elle inclut un report de l’âge légal de départ à la retraite – ce à quoi le candidat Macron avait promis, en 2017, de ne pas toucher.

“Champions” contre “Rien”

Notre système de répartition de la valeur ajoutée par la cotisation et la subvention, notamment aux hôpitaux publics, le chef de l’État cherche à le mettre à terre au fur et à mesure de ses réformes anti-sociales et prétend vouloir “le sauver” en allongeant la durée de cotisation des travailleurs. Le tout sous prétexte que l’allongement de la vie le permettrait, allongement pourtant démenti par les chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) avant même l’épidémie de Covid-19 avec plusieurs baisses de l’espérance de vie enregistrées dans les années 2010 en France.

Plutôt que faire payer les ultra-riches, qui ont vu leur fortune augmenter de 30% pendant que le PIB français chutait de 8 points et que Monsieur Macron nomme “les champions” avec des étoiles plein les yeux, ce sont toujours les mêmes classes exploitées qui devront payer les pots cassés d’une crise provoquée par un système dont elles sont exclues de tous les principaux pouvoirs.

Divide et impera

En définitive, pour faire diversion et détourner l’attention populaire des grandes réformes ultra-libérales, de ces lourdes régressions humaines de notre société, qui méritent d’être combattues pied à pied, le président de la République met le paquet sur des mesures (vaccination, pass sanitaire) non seulement inapplicables, mais surtout synonymes de division du peuple français.

Divide et impera, diviser pour régner, est une maxime employée par le chef de l’État et ses commanditaires de la grande bourgeoisie de toutes leurs forces. Pour sortir tant de la crise actuelle que du règne du capital devenu catastrophique et destructeur, il faudra pourtant renouer avec l’unité populaire qui permît à notre pays les grandes conquêtes sociales et progrès humains de son histoire.

 

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