Quatre fois plus de ministres chez nous qu’à Marseille : Bienvenue à Angers !

Rues coupées, arrêt de tram non-desservi, omniprésence policière… Le moins que l’on puisse dire est que vous ne passez pas inaperçus. Vous, la trentaine de ministres attendus, ce mardi 7 septembre, dans la capitale de l’Anjou une semaine après le déplacement de sept d’entre vous à Marseille. A l’occasion des Journées parlementaires de La République En Marche (LREM), durant lesquelles se rassemblent quelque 200 députés et sénateurs, vous voilà, parti présidentiel, en ordre de bataille pour la réélection de votre champion Emmanuel Macron.

D’Angers, vous ne verrez que les ors du Centre des Congrès, inauguré en grandes pompes en 2019 par le maire de droite macron-compatible Christophe Béchu. Alors nous, association angevine fondée la même année et dont les maigres moyens ne permettent pas (encore) d’investir un local, nous vous souhaitons, à notre façon, la bienvenue.

Bienvenue à Angers, où les loyers des appartements et maisons ont doublé en dix ans, notamment chez les plus petits biens immobiliers, excluant de ses terres toujours davantage de jeunes, d’étudiants, de salariés aux bas revenus et facilitant logiquement la réélection de votre poulain local Monsieur Béchu.

Bienvenue à Angers, où le premier employeur privé, l’entreprise de production de poids lourds Scania, sort aujourd’hui de plus d’une semaine de chômage technique du fait de la pénurie mondiale de semi-conducteurs, soulignant le retard industriel pris par la France sous votre autorité.

Bienvenue à Angers, où le premier employeur public, le Centre Hospitalier Universitaire, a dû faire face aux vagues épidémiques sans matériel de protection remis en temps et en heure à ses agents, soumis à une pression telle que des dizaines d’entre eux, d’entre elles ont vécu un burn-out, première cause de départ de leurs postes en raison des politiques d’austérité que vous avez menées.

Bienvenue à Angers, où la douceur réputée est mise à mal par un dérèglement climatique, se manifestant encore aujourd’hui par une température de 33 degrés Celsius à l’ombre à deux semaines de l’automne et contre lequel vous renoncez lâchement de vous battre, en atteste votre non-respect des décisions de la Cop21 comme des propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat sur lesquelles vous vous asseyez.

Bienvenue à Angers, où comme dans chaque ville et chaque territoire, la brutalité d’un système scolaire moteur de la reproduction sociale et la privation d’emploi légal amènent des centaines d’hommes, de femmes et parfois d’enfants à vivre du marché noir, que vous encouragez par votre complicité devant ses causes et ses profiteurs.

Bienvenue à Angers, où se trouve l’épicentre de l’extrême-droite radicale des Pays-de-la-Loire, au local de l’Alvarium dont les militants identitaires ont déjà fracturé les mâchoires de leurs opposants politiques, car ils savent bénéficier, malgré leur caractère ultra-violent, de l’impunité que vous leur accordez.

Bienvenue à Angers, où la pénurie de logements a poussé l’année dernière des dizaines d’étudiants à vivre au camping municipal jusqu’à sa fermeture hivernale, quand ces derniers ont été poliment invités à quitter la ville pour rejoindre une destination où ils auraient de la famille, alors qu’ils s’étaient acquittés des centaines d’euros de frais d’inscription à l’Université, vivant une expérience terrible qui commence déjà à se reproduire en cette rentrée 2021 et dont vous vous rendez coupables par votre inaction.

Bienvenue à Angers, où vivent 15.000 inscrits à Pôle Emploi, soit plus de 20% de la population active, et à qui vous ne proposez rien d’autre que de baisser leur allocation de retour à l’emploi (ARE) dès le 1er octobre prochain sous prétexte que le travail doit mieux payer que le chômage, comme si le chômage payait déjà trop.

Bienvenue à Angers, où il fait bon vivre malgré tout et surtout malgré vous, par la beauté de ses édifices, Cathédrale et Château en tête, pour lesquels les ouvriers ont versé leur sueur et leur sang, par la solidarité populaire qui y prévaut face aux fins de mois difficiles qui ont à cette heure déjà commencé dans certains foyers, ceux-là mêmes où vivent tous ces “gens qui ne sont rien“, selon les mots de votre Président.

Bienvenue à Angers et bon vent, quand vous partirez de notre ville une fois gavés des petits fours et du champagne que nous aurons payés par nos impôts, puisse-t-il, ce vent, vous mener loin de nous, car pour nous, vous êtes déjà loin du cœur.

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