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Santé Social

Maltraités par Macron, 260.000 infirmiers souhaiteraient changer de métier

En première ligne, les soignants tiennent bon… Mais à quel prix ?

Une très importante enquête menée par l’Ordre National des Infirmiers, qui représente et coordonne l’action des 700.000 infirmières et infirmiers de France, sonne l’alarme.

Démissions en série

Le 10 juillet dernier, vingt-cinq urgentistes annonçaient leur démission collective du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Toulouse. Le 21 septembre, Maurice Raphael, responsable des urgences du CHU du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), quittait ses fonctions après dix ans de responsabilité, en expliquant cet acte : « Cela suffit, rien ne change, la direction s’en fout, et je ne vais pas mourir à la tâche et dans l’indifférence de l’administration. »

Le 11 octobre 2020, le Conseil National de l’Ordre des Infirmiers rendait publique une enquête de très grande ampleur, pour laquelle 60.000 infirmières et infirmiers représentatifs des 700.000 que compte la France avaient longuement été consultés. Les résultats sont sans appel.

En prenant en compte l’ensemble des soignants qui se sont trouvés en première ligne, médecins, infirmiers, aides-soignants, auxiliaires, les démissions s’élèvent à plusieurs centaines, si ce n’est plusieurs milliers de femmes et d’hommes qui ont jeté l’éponge. Et à moyen terme, l’avenir ne s’éclaircira pas, si l’on en croit l’enquête susmentionnée.

43% ne savent pas s’ils seront encore infirmiers dans cinq ans

Dans sa présentation exhaustive des résultats de son enquête, l’Ordre des Infirmiers remarque depuis le début de la pandémie un “quasi doublement des situations d’épuisement professionnel en quelques mois“, 57% des infirmiers salariés estiment ne pas avoir le temps de s’occuper de leurs patients, et deux tiers des consultés indiquent que “leurs conditions de travail se sont dégradées“.

Un problème de gestion de la crise sanitaire émerge également des réponses : 47% des infirmiers (55% parmi les libéraux) considèrent “qu’on ne se repose pas suffisamment sur eux en ville pour lutter contre la Covid et ses conséquences“, dévoilant au grand jour l’inefficience de l’articulation entre hôpitaux, cliniques et médecine de ville.

Tandis que, dans un article de novembre 2019, le journal L’Union faisait état du salaire des infirmiers français “parmi les plus bas des pays de l’OCDE” (Organisation de coopération et de développement économiques), l’hexagone pointant tristement à la 26ème place sur 29, les infirmiers se sentent inconsidérés, voire maltraités par le pouvoir en place. Pour résultat, 37% des infirmiers consultés estiment que  “la crise que nous traversons leur a donné l’envie de changer de métier” et 43% “ne savent pas s’ils seront toujours infirmiers dans 5 ans“.

Ce qui, en projetant sur les 700.000 professionnels à partir des 60.000 réponses, soit une projection autrement plus solide que celles des sondages réalisés à partir d’un échantillon de 1.000 personnes pseudo-représentatives des Français, nous amène respectivement à 259.000 infirmiers ayant envie de changer de métier et plus de 300.000 dans l’indécision quant à leur avenir professionnel pour les cinq années à venir.

Hôpitaux : le chiffre qui fâche

Les Hôpitaux publics, celles et ceux qui les font tenir debout, se trouvent au bord de la rupture. Un chiffre démontre particulièrement combien quatre décennies de politiques néolibérales ont mis à mal ces établissements.

En 1980, les Hôpitaux publics comptaient 392.644 lits pour 53,7 millions d’habitants. En 2018, ces mêmes structures n’en comptaient plus que 253.364 pour une population de 67 millions d’habitants.

Autrement dit, il y a quarante ans, la France comptait 731 lits pour 100.000 habitants, aujourd’hui elle en compte 378 pour 100.000 habitants… soit une division par deux des capacités d’accueil à disposition. Une politique destructrice dont l’actuel locataire de l’Élysée se fait l’héritier direct et l’incarnation la plus fidèle.

Les renforts annoncés en grandes pompes par Macron, Castex et Véran, notamment la formation de 15.000 soignants à court terme et les 90 euros d’augmentation mensuelle, feront pâle figure à côté de la crise profonde dans laquelle se trouve aujourd’hui notre système de santé.

Benoit Delrue, le 31 octobre 2020

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3 réponses sur « Maltraités par Macron, 260.000 infirmiers souhaiteraient changer de métier »

Ce n’est qu’un mélange des chiffres entre les deux époques mais ça fait presque la moitié moins, faut bien payer pour les riches et les patrons !

Euh le sondage à été fait auprés des inscrits à l’ordre infirmier, donc auprés d’un certain type d’infirmiers. Rien n’autorise à extrapoler comme l’article le fait.

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